La crise sanitaire n’a pas affecté la hiérarchie des placements préférés des Français (Crédit photo: 123RF)
Épargne retraite, utilisation de la cagnotte « covid », placements préférés, risque de dépendance … Le Cercle de l'Épargne et Amphitéa ont conduit une étude sur les Français et l'épargne et viennent d'en publier les grands enseignements.
Les Français ne veulent pas toucher à leur cagnotte « covid »
Assez logiquement, 43 % des Français qui gagnent plus de 4.000 euros par mois déclarent avoir épargné plus que d'habitude pendant la crise sanitaire, contre 20 % chez ceux gagnant moins de 2.000 euros et 27 % pour l'ensemble des Français. Plus surprenant, cette proportion grimpe à 38 % chez les jeunes de 18 à 25 ans. La contraction des dépenses de loisirs et parfois l'arrêt de la location du logement peuvent expliquer cette propension plus forte à épargner.
On pourrait penser que les Français, qui ont placé cet argent majoritairement vers des supports liquides (livret A, comptes courants notamment), ont l'intention d'utiliser ces sommes rapidement. Il n'en est rien : 47 % des sondés veulent conserver l'argent mis de côté depuis le début de la crise sous forme liquide et mobilisable à tout moment et 33 % souhaitent même augmenter leur effort d'épargne. Seulement 26 % se disent prêts à utiliser tout ou partie de leur cagnotte pour réaliser des achats. Enfin, 12 % pensent réallouer cette épargne liquide vers des placements à long terme (assurance vie, actions, PEA, etc.).
La sécurité passe avant la performance
La crise sanitaire n'a pas affecté la hiérarchie des placements préférés des Français : l'immobilier arrive en tête (62 %), suivi de l'assurance vie (48 %), des actions (39 %) et du livret A (26 %). Ce dernier emporte la préférence des jeunes de moins de 25 ans (43 %) pour qui le Livret A reste la porte d'entrée, parfois unique, dans le monde de l'épargne.
Lorsqu'on leur demande quels ont été les placements rentables entre février 2019 et septembre 2021, 39 % des Français citent l'investissement immobilier, 20 % les actions. Celles-ci devancent les fonds euros de l'assurance vie : la bonne tenue de la bourse et la baisse du rendement des fonds euros expliquent probablement cette idée. Le
bitcoin
attire particulièrement les jeunes : 20 % des moins de 35 ans jugent ce placement rentable.
Même en période de taux bas, les Français privilégient la sécurité au rendement. Pour 40 % des personnes interrogées, l'immobilier constitue le placement à privilégier. Les livrets (25 %) qui sont très faiblement rémunérés arrivent en deuxième position, suivis de l'assurance vie en fonds euros (21 %) et des actions (19 %).
Les Français et la retraite
64 % des persones interrogées craignent une faillite du système de retraite. Les jeunes (69 %), qui estiment qu'ils n'auront pas de retraite, et les seniors (70 %), qui craignent pour le niveau de leurs pensions, sont les plus inquiets.
Pourtant, les Français sont opposés à toute réforme qui aurait, directement ou indirectement, une incidence sur l'âge de départ : seulement 29 % des sondés sont favorables au report progressif de l'âge de la retraite à 64 ans et 20 % se déclarent pour l'allongement de la durée de cotisation. Moins d'un Français sur deux est favorable à l'instauration d'un système unique de retraite (47 %).
Avec l'arrêt de la discussion de la réforme des retraites, les Français estiment moins utile d'épargner pour compléter leur future pension. En 2021, seulement 51 % des Français ont déclaré mettre de l'argent de côté pour leur retraite contre 61 % en février 2019.
Un Français sur trois a entendu parler du PER (plan épargne retraite). La proposition grimpe à 51 % chez les Français gagnant plus de 4.000 euros par mois. Parmi ceux qui en ont entendu parler, 36 % déclarent en avoir déjà souscrit un (10 %) ou être prêts à le faire (26 %).
Les Français et le risque de dépendance
Face au risque de dépendance, 52 % des Français se déclarent favorables à une assurance dépendance obligatoire, alors que 48 % préfèreraient une assurance individuelle facultative. Les catégories sociales les plus modestes, craignant une amputation de leurs revenus, se prononcent contre le système obligatoire.
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